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L’« effet enseignant ». 2011.

lundi 5 septembre 2011

Que disent les recherches sur l’ « effet enseignant » ?. Centre d’analyse stratégique. Juillet 2011.

Résumé de l’étude. L’efficacité de l’enseignant explique une part significative des différences de progression constatées chez les élèves. Le professeur a davantage de poids sur la progression des élèves au cours d’une année donnée que l’établissement dans lequel ces derniers sont scolarisés ; La portée d’une augmentation de l’efficacité pédagogique d’un enseignant est aussi potentiellement supérieure à celle d’une diminution de la taille des classes ; C’est surtout dans l’interaction avec les élèves que se joue l’essentiel des différences.

I-Un effet enseignant très significatif, au moins à court terme

Un effet qui explique une part significative des écarts d’acquisition entre élèves
- « Toutes choses égales par ailleurs », notamment à niveau initial et catégorie professionnelle des parents identiques, 10 % à 15 % des écarts de résultats constatés en fin d’année entre élèves s’expliquent par l’enseignant auquel l’enfant a été confié.
- L’effet enseignant est très largement supérieur à l’effet établissement.
- Au niveau élémentaire, la classe explique entre 10 % et 18 % de la variance des résultats en français et en mathématiques. En revanche, l’effet de l’école est souvent beaucoup plus faible.

Quel pourrait être le résultat d’une augmentation de l’efficacité des enseignants ?
- Passer d’un enseignant « pas très efficace » à un « enseignant efficace » permettrait à l’élève de gagner 13 places sur 100 dans le classement des élèves (étude du projet STAR). En mathématiques, l’effet enseignant étant plus important, l’élève moyen gagnerait 18 places sur 100 dans le classement des élèves.
- L’enseignant a un impact significatif sur les acquisitions de ses élèves.
- Les enseignants diffèrent sensiblement du point de vue de leur capacité à faire progresser leurs élèves ;
- Si on arrive à faire progresser sensiblement les enseignants en efficacité, on peut en attendre des effets potentiellement supérieurs à ceux qui résulteraient d’une diminution importante de la taille des classes ;

II-Quelles sont les caractéristiques d’un « bon enseignant » ?

Niveau de formation initiale et expérience professionnelle
- La plupart des études suggèrent que l’effet de la formation initiale est soit faible, soit non significatif pour les enseignants expérimentés. En revanche, l’expérience semble bien jouer un rôle, distinguant fortement les enseignants débutants de ceux qui ont au moins deux ans d’ancienneté.
- La formation initiale semble jouer un rôle très important dans l’efficacité des enseignants débutants.

Une efficacité qui se construit dans l’interaction avec la classe 4 facteurs expliquent les différences d’efficacité entre les enseignants :

1-Le temps.
- Le temps quotidien réellement disponible pour le travail varie d’une classe à l’autre, allant de 3 heures et quart à près de 5 heures.
- Au sein des classes observées, le temps consacré à l’enseignement du français varie dans un rapport de 1 à 4 tandis que celui consacré à l’enseignement des mathématiques varie dans un rapport de 1 à plus de 3.

2-Les attentes des enseignants.
- « L’effet Pygmalion » : les attentes des enseignants exercent des effets sur les acquisitions de leurs élèves, parce qu’elles induisent des comportements différents tant de la part de l’enseignant que de la part des élèves.

3-Le “feedback”.
- Dans les classes où les élèves progressent le mieux, les maîtres opèrent plus fréquemment des corrections qui sont affectivement neutres : ils distinguent le jugement sur la réponse de l’élève du jugement qu’ils peuvent avoir de l’élève lui-même.
- Ils accordent suffisamment de temps aux élèves pour reformuler leur réponse après que l’erreur a été signalée.

4-La structuration des activités pédagogiques.
- Il est plus facile d’apprendre lorsque le cours est bien structuré.

III-Quels leviers d’action mobiliser pour améliorer l’efficacité des enseignants ?

Former et recruter différemment ?
- La certification pourrait être acquise après deux ans d’expérience d’enseignement, et pour les seuls candidats qui auraient démontré la plus grande capacité à faire progresser leurs élèves.

Rémunérer différemment ?
- Une augmentation de la paye annuelle des enseignants de 5 000 dollars est associée à une augmentation de la performance des élèves de 10,3 % (Dolton et Marcenaro-Guitierrez ,2011)
- L’incitation financière (paye au mérite) n’a pas eu de conséquence sur la progression des élèves : à environnement scolaire donné, les différences de résultats d’un enseignant à l’autre reposent donc probablement plus sur des différences de savoir-faire que sur des différences de motivation.

Donner davantage de “feedback” aux enseignants sur leurs pratiques ?
- Pour les enseignants dont les élèves passent des épreuves nationales, un indicateur de valeur ajoutée permettrait aux enseignants de situer l’efficacité de leurs pratiques par rapport aux enseignants ayant des élèves comparables en termes d’âge, d’origine sociale et de niveau scolaire initial.
- Un deuxième élément d’évaluation pourrait être constitué par des questionnaires remplis par les élèves.
- Le troisième élément d’évaluation envisageable pourrait prendre la forme d’un “coaching” reposant sur une observation de l’enseignant en situation, par des pairs jugés « efficaces ».


 
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