Mission Fourgous pour les Tice

La pédagogie frontale : encore d’actualité ?

dimanche 4 septembre 2011

Apprendre nécessite de savoir comment nous élaborons notre propre savoir. Ainsi différents modèles d’apprentissage sont apparus au cours du temps. À l’époque de la construction des grands collèges, au XVIe Siècle, le but était d’instruire le plus efficacement possible. Le modèle le plus répandu alors était : « pour apprendre, il suffit d’être en situation de réception  ». Les élèves étaient classés par âge et recevaient simultanément le même enseignement. Dans cette pédagogie [1] frontale, magistrale, « celui qui sait » transmet son savoir à « celui qui ne sait pas » et qui doit donc se taire et écouter afin d’apprendre et de savoir.

Avantages de la pédagogie frontale

Cette pédagogie permet de donner un maximum d’informations à un maximum de personnes, de façon synchrone et si possible dans un minimum de temps. Elle considère tous les enfants comme égaux. Elle repose sur une seule approche : la plus facile et la plus familière pour l’enseignant : la mise en œuvre d’activités standards. Sa tâche est donc facilitée. L’enseignant est un « expert du contenu ».

La disposition des tables en rangs permet au maître de circuler dans la salle de classe. Aucune interaction pédagogique n’est possible.

Et… cette organisation des salles de classe est encore celle qui, aujourd’hui, est la plus répandue de même que cette pédagogie…

Inconvénients de la pédagogie frontale

Dans un cours magistral où l’enseignant fait face à la classe, la priorité est donnée à la relation enseignant-savoir ainsi qu’au groupe-classe. L’élève en tant qu’individu est mis de côté, de même qu’une partie de la classe  : les plus rapides (qui ont terminé avant les autres) et les plus lents (qui freinent la progression du groupe). Le cours est réalisé pour un élève « moyen », « standard ».

Le savoir étant le pilier du cours, l’enseignant répond le plus souvent à des questions que l’élève ne se pose pas.

Une évolution de la pédagogie frontale ?

Si cette pédagogie a bien fonctionné pendant des siècles, force est de constater qu’aujourd’hui, la société a évolué et que les élèves ne sont plus les mêmes. Les compétences attendues ont également évolué. Demande-t-on encore du « conformisme » ou bien l’élaboration d’une pensée personnelle et de la créativité ? Qu’y a-t-il de plus efficient aujourd’hui : le travail individuel ou le travail collaboratif ? Nous avons voulu un enseignement de masse : peut-on encore enseigner de la même manière, au même moment, avec les mêmes supports, à tous les élèves, quelle que soit leurs caractéristiques ?


Notes

[1] « toute activité déployée par une personne (enseignant) pour développer des apprentissages précis chez autrui (apprenant) » (dictionnaire des concepts clés)

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