« La qualité d’un système éducatif ne peut pas dépasser la qualité de ses enseignants ».
« La seule façon pour améliorer les résultats est d’améliorer la formation » (Mourshed et Barber, 2007 [1]).
I-La formation continue [2] des enseignants vue par l’OCDE
Pour l’OCDE [3], obtenir une École efficiente et moderne n’implique pas seulement de revoir le recrutement et la formation initiale des enseignants. Cela exige de la part des enseignants une adaptation aux évolutions de la société et à ses nouvelles exigences : « la réforme du système éducatif ne peut pas attendre les nouvelles générations d’enseignants ». Les enseignants sont aujourd’hui appelés à enseigner dans des classes de plus en plus multiculturelles, doivent prendre en compte les besoins particuliers et spécifiques de chaque élève. Ils ont besoin de savoir utiliser de manière plus efficiente les TICE, de les intégrer dans leurs pratiques pédagogiques, de former les élèves à ces nouveaux outils et surtout aux nouveaux usages qui apparaissent (comme ceux liés aux réseaux sociaux). Ils sont également invités à faire en sortes d’impliquer davantage les parents dans le processus éducatif.
Ainsi, selon l’OCDE [4], la formation continue des enseignants a pour but :
- D’actualiser les connaissances,
- D’actualiser les compétences et les pratiques pédagogiques des enseignants, à la lumière de la recherche, notamment en lien avec le développement des TIC
- De permettre aux enseignants d’appliquer les modifications apportées aux programmes et aux objectifs d’enseignement,
- De permettre aux écoles et aux enseignants d’innover en matière de pratiques pédagogiques,
- D’échanger des informations et des pratiques entre pairs,
- D’échanger des informations et des pratiques avec les chercheurs et les industriels,
- D’aider les enseignants les moins expérimentés à devenir plus efficaces.
Stimuler la formation continue des enseignants est considérée comme la clé du leadership et de la réussite d’un établissement scolaire [5].
II-La formation continue des enseignants dans le monde
Il existe une relation positive entre la formation continue des enseignants et la réussite des élèves (Angrist et Lavy, 2001 ; Bressoux, 1996 [6]). Pourtant dans de nombreux pays, il n’y a aucune exigence minimale en termes de temps consacré à la formation continue. Singapour propose aux enseignants 100 heures de formation continue par an afin de tenir compte des changements rapides de la société. Dans les pays qui ont fixé des exigences minimales (certains états d’Australie, la communauté française de Belgique, la Finlande, la Hongrie, les Pays-Bas, l’Écosse, la Suède, la Suisse et certains états des États-Unis), cette durée est de 5 jours par an. Cela va de 15 heures par an en Autriche à 104 heures par an en Suède. La formation continue est en générale organisée en dehors des heures d’enseignement (Eurydice, 2008).
L’enquête internationale TALIS [7] montre que les enseignants sont demandeurs de plus de formations continues : le pourcentage d’enseignants insatisfaits varie de 31 à 80% selon le pays concerné. Les secteurs les plus demandés sont la formation à l’enseignement individualisé et aux compétences liées aux outils numériques (voir graphique ci-dessous).
III- La formation continue en France
En France, il existe trois dispositifs permettant aux enseignants de se former sur leur temps de travail :
- Les plans académiques de formation (PAF).
- Le droit individuel à la formation (DIF), d’une durée de 20 heures par année de service à temps complet,
- Le congé individuel de formation, d’un an maximum.
En 2008-2009, selon le RERS 2011, 35% des enseignants du premier degré et 66% des personnels du second degré publics (enseignants et DIEO) ont suivi au moins un module de formation dans le cadre des plans académiques de formation (voir tableau ci-dessous). En moyenne, les enseignants du premier degré sont partis 6 jours en formation, ceux du second degré 3,3 jours. Rapportée au public potentiel, la durée est équivalente dans les deux degrés (2,1 et 2 jours).
Les formations les plus demandées concernent le développement des compétences professionnelles (66% dans le Primaire et 87% dans le secondaire). Et selon une étude de la DEPP, un enseignant sur deux a participé à une formation liée aux TIC au cours des deux dernières années (même si 88 % d’entre eux estiment avoir acquis leurs connaissances et compétences dans le domaine des TIC par l’auto-formation).
Selon cette même étude de la DEPP, les formations auxquelles les enseignants souhaiteraient avant tout participé sont :
- Les formations à l’utilisation d’outils multimédias (59 %),
- Le perfectionnement à l’usage d’internet (création de sites web, vidéoconférences, etc.) (57 %),
- Les formations pédagogiques relatives aux modalités d’intégration des TIC dans le processus d’enseignement apprentissage (56 %).
Les enseignants sont réellement conscients de la nécessité d’actualiser leurs compétences (notamment en matière de TICE) et sont demandeurs de formations continues. Pourtant elles ne sont suivies que par un enseignant sur deux : les modalités sont peut-être à revoir.


