Mission Fourgous pour les Tice

Etre enseignant à l’université au XXIe siècle

lundi 26 septembre 2011

De Erasmus au Processus de Bologne, toutes les initiatives concourent à la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur, à ouvrir l’université sur l’extérieur et donc à favoriser la concurrence.

L’université évolue et avec elle, son enseignement :

  • Autonomie des universités
  • Arrivée massive des TIC dans la société et les universités
  • Massification de l’enseignement dans les universités avec mise en évidence d’inégalités sociales et de réussites
  • Re-définition du statut d’enseignant-chercheur intégrant dorénavant les cours à distance et le tutorat. … Les évolutions en cours mettent l’accent sur l’innovation, l’amélioration de la qualité de l’enseignement, son efficience, l’apprentissage individualisé, personnalisé…

Les enseignants universitaires assistent à une mutation de leur métier. Ils sont confrontés à de nombreux nouveaux défis. Le premier est sans conteste l’intégration des outils numériques. En effet, les TIC représentent un élément majeur pour :

  • L’enrichissement des enseignements dispensés et l’adaptation de l’offre à l’hétérogénéité des publics
  • La formation des enseignants-chercheurs
  • Les enjeux de demain comme la formation tout au long de la vie
  • La gestion des ressources documentaires
  • La compétitivité des universités et leur visibilité

Le numérique facilite l’individualisation des parcours, diversifie les supports et les enseignements, permet de passer des cours magistraux passifs, à des cours magistraux interactifs et à des enseignements plus actifs, en petits groupes (pédagogie par projet, apprentissage par problèmes…), au learning by doing (Glossaire)… Aujourd’hui, l’enseignant se centre sur l’apprentissage de l’étudiant : celui-ci doit participer activement, construire sur la base de ses connaissances antérieures, développer son autonomie et sa confiance en soi.
L’enseignant doit donc connaître les connaissances préalables de ses étudiants. Il doit apprendre à enseigner en présentiel et à distance, seul et en équipe et maîtriser les outils numériques, tant au niveau technologique que pédagogique [1]

Mais le numérique remet surtout en premier plan l’aspect « pédagogue » des enseignants-chercheurs et interroge sur leur recrutement, leur formation, leur évaluation...

S’il y a encore des chercheurs qui pensent que les compétences pour être un bon enseignant s’acquièrent en enseignant, la nécessité de formation se fait de plus en plus pressante.
La mise en place du réseau SUP (Services Universitaires de Pédagogie) est une première réponse : il a pour rôle de redonner à la pédagogie une place réelle dans le métier d’enseignant-chercheur, de promouvoir les innovations pédagogiques (notamment via les TICE), d’assurer la formation initiale et continue des enseignants du supérieur… Ces services existent déjà depuis plusieurs décennies dans les établissements d’enseignement supérieur de nombreux pays. Aux États-Unis, plus du tiers des universités comptent un centre de formation à l’enseignement (Angelo, 1994). En France, ils ne couvrent que 20% des universités, concernent surtout les domaines scientifiques et technologiques [2] et n’ont pas de réelles reconnaissances. La formation pédagogique n’a aucune obligation à l’université et la formation continue est quasi-inexistante. Le SOTL (scholarship of teaching and learning ou l’« expertise dans la pratique et la recherche en enseignement et en apprentissage » si on essaye de traduire en Français...), conçu en 1990, commence juste à prendre sa place dans le développement des formations des professeurs. Mais apprendre à enseigner demeure tabou même pour les enseignants.
Toutes les recherches convergent pour affirmer que le développement pédagogique doit être innovant, « aider les enseignants à passer d’un savoir individuel implicite à un savoir explicite partagé au sein d’une communauté de pratiques, en s’appuyant sur les savoirs issus à la fois de l’expérience et de la recherche. » (Rege Colet & Berthiaume, 2009 [3])

Relever les défis de l’université revient à s’interroger sur les dispositifs à mettre en œuvre pour former aujourd’hui aux compétences qui seront essentielles demain et former tous les acteurs : des étudiants aux enseignants-chercheurs.


Notes

[1] Langevin Louise, Grandtner Anne-Marie & Ménard Louise (2008). La formation à l’enseignement des professeurs d’université : Un aperçu. Revue des sciences de l’éducation, vol. 34, n° 3, p. 643–664. ISSN 0318-479X. En ligne : http://id.erudit.org/iderudit/029512ar

[2] Dossiers d’actualité-Veille et analyse- Savoir enseigner dans le supérieur : un enjeu d’excellence pédagogique- N° 64- Septembre 2011 ; En ligne. http://www.inrp.fr/vst/DA-Veille/64...

[3] Rege Colet Nicole & Berthiaume Denis (2009). « Savoir ou être ? Savoirs et identités professionnels chez les enseignants universitaires ». In Hofstetter Rita & Schneuwly Bernard (dir.). Savoirs en (trans)formation : au coeur des professions de l’enseignement et de la formation. Bruxelles : De Boeck

 
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