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Les inégalités de réussite à l’école élémentaire : construction et évolution. DEPP.

dimanche 4 septembre 2011

[Les inégalités de réussite à l’école élémentaire : construction et évolution] Étude de la DEPP [1] Jean-Paul Caille et Fabienne Rosenwald. 2006.

Deux fois moins d’élèves qu’il y a vingt ans redoublent à l’école élémentaire mais les disparités sociales en matière de retard scolaire restent prononcées

  • Les enfants d’inactifs, qui constituent une population particulièrement vulnérable au retard scolaire, redoublent aussi nettement moins que par le passé.
  • Le fait que les enfants d’enseignants parviennent en sixième à l’heure ou en avance et pas les enfants d’ouvriers non qualifiés est un événement qui a aujourd’hui 18 fois plus de chances de se produire que la situation contraire dans laquelle les enfants d’ouvriers non qualifiés atteignent la sixième à l’heure ou en avance et pas les enfants d’enseignants

La réussite de la scolarité élémentaire dépend avant tout du niveau de compétences à l’entrée au CP

  • De fait, les chances de parvenir en sixième à l’heure ou en avance sont deux fois plus liées à ce niveau initial qu’à l’origine sociale ou au niveau d’études des parents.

Les progressions au cours de la scolarité élémentaire sont inégales selon le milieu social de l’élève

  • Quand leur niveau de compétences à l’entrée au CP les situe parmi les 10 % d’écoliers les plus faibles, 27 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires, mais seulement 7 % des enfants d’ouvriers, figurent, aux évaluations nationales de sixième, parmi la moitié des élèves qui réussit le mieux

Les différences de compétences à l’entrée au CP ne pèsent que pour moitié dans les inégalités sociales de réussite de fin d’école élémentaire

  • D’une part, les performances scolaires des écoliers sont très liées à leur degré de compétences à l’entrée au CP, lui-même variable selon le milieu social d’origine ; d’autre part, à niveau initial comparable, les enfants originaires des milieux sociaux les plus favorisés ou ceux dont les parents sont les plus diplômés progressent davantage, si bien que les inégalités sociales se creusent au fur et à mesure de l’avancée dans la scolarité élémentaire.

Les élèves qui redoublent ne se rétablissent le plus souvent que de façon temporaire

  • L’une des raisons qui pourrait expliquer cette persistance des difficultés scolaires des redoublants est que le redoublement agit sans doute plus sur les effets de la difficulté scolaire que sur ses causes, qui peuvent être liées par exemple aux aptitudes propres de l’élève ou à l’environnement familial.

Des acquis à l’issue du primaire moins élevés pour les élèves en ZEP

  • Seulement 26 % des écoliers ayant effectué toute leur scolarité élémentaire dans une école classée en zone d’éducation prioritaire (ZEP) atteignent la médiane en français aux évaluations nationales de sixième.

À situation sociale et familiale comparable, les enfants d’immigrés progressent davantage au cours de la scolarité élémentaire

  • Leur moindre réussite est d’abord due au fait qu’ils entrent au CP avec des acquis plus faibles que ceux des autres élèves. En revanche, à niveau initial comparable, ils progressent plus en français et en mathématiques et redoublent moins.

La meilleure réussite des élèves nés en début d’année est liée exclusivement à des acquis plus élevés au sortir de l’école maternelle.


Notes

[1] Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance – Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.

 
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