Recommandations du Haut Conseil de l’éducation pour la formation des maîtres. 2006.
Synthèse
Les principes directeurs
1-Former au métier d’enseignant
Enseigner est un métier ; de bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant.
Faire apprendre, conduire une classe, ou entretenir des relations confiantes avec les parents, rien ne doit être laissé au hasard de l’inné ou du charisme.
Une ouverture du corps professoral à des hommes et des femmes ayant exercé d’autres activités est souhaitable.
2-Garantir une solide culture disciplinaire à tous les enseignants
Si une bonne culture générale est indispensable pour donner sens aux programmes à enseigner, on attend d’un professeur, à quelque niveau que ce soit, la maîtrise de la langue française
Au collège et au lycée, tous les professeurs ont besoin d’une culture générale disciplinaire approfondie et élargie
3- Assurer une formation en lien avec le socle commun
S’intéresser aux résultats des élèves en termes de compétences requiert plus d’interdisciplinarité, un travail d’équipe, une autre pratique de l’évaluation, un enseignement différencié, etc. – et donc une formation adaptée.
4-Se placer dans la perspective européenne
Intégrer les IUFM aux universités, c’est aller dans le sens de l’harmonisation du système européen d’enseignement supérieur.
5-Eclairer la diffusion des pratiques didactiques et pédagogiques par les résultats de la recherche
Afin qu’ils acquièrent de « bonnes pratiques » didactiques et pédagogiques, il est essentiel de donner aux jeunes professeurs des savoir-faire efficients dans l’action quotidienne.
La transmission des pratiques qui réussissent par des collègues plus expérimentés constitue une dimension fondamentale de la formation et elle doit le rester.
La formation des maîtres gagne à s’appuyer sur les résultats de la recherche, qu’il s’agisse de la recherche disciplinaire comme de ce qu’on appelle la « recherche en éducation ».
6-Associer systématiquement formation sur le terrain et formation universitaire en deuxième année d’IUFM
Tous les formateurs, quel que soit leur statut, doivent avoir une expérience directe ou une connaissance des classes d’aujourd’hui.
La formation pédagogique ne doit pas être dispensée par disciplines, mais d’abord en fonction des thématiques en jeu dans les situations professionnelles rencontrées par les professeurs, à partir d’études de cas.
7-Renforcer la formation professionnelle initiale
8- Ouvrir la formation sur la société
Si l’on veut que les professeurs puissent assurer leur mission d’orientation, il faut qu’ils aient tous une connaissance de la réalité économique, du marché de l’emploi, et de la diversité des métiers.
Les professeurs sont également amenés à travailler avec les parents, et aussi avec les associations, les services sociaux, médicaux, avec les collectivités territoriales, avec d’autres services de l’Etat, etc.
Une formation à la communication, avec des simulations de situations professionnelles, est essentielle : l’enseignement est aussi un métier de relation.
9-Rendre obligatoire la formation continue
La formation initiale, aussi bonne soit-elle, a besoin d’être actualisée durant la carrière : les connaissances, les publics, les attentes de la Nation évoluent ;
10- Passer un véritable contrat de confiance avec les universités
Les conditions du succès
1 - Des cursus universitaires qui préparent mieux au métier avant les concours
La culture générale dans le champ de la discipline et l’ouverture vers d’autres disciplines sont indispensables au futur professeur.
L’étudiant qui envisage de devenir enseignant doit faire des stages d’observation pour redécouvrir l’Ecole, dans sa diversité.
L’étudiant qui se destine au métier de professeur a besoin de comprendre le fonctionnement de l’entreprise, vers laquelle s’orientera la majorité des élèves. Pour être instructif, le stage en entreprise doit être d’une durée suffisante : au moins un mois.
2 - Une expérience des métiers qu’ils enseignent pour les professeurs de la voie professionnelle
3 - La révision de certains éléments des concours de recrutement
4 - Une deuxième année de formation en IUFM plus longue
5 - Une titularisation qui garantit la maîtrise de toutes les compétences professionnelles
L’État doit se montrer exigeant dans la titularisation : elle ne peut pas être quasi-automatique.
6 - La poursuite de la formation initiale au cours des deux premières années d’exercice
7 - L’obtention de crédits ECTS de master
Le Haut Conseil de l’Education recommande que les enseignements suivis en IUFM et les stages faits pendant les deux premières années d’exercice donnent lieu à la délivrance d’ECTS supplémentaires, en vue de l’obtention du master, crédits ECTS capitalisables dans d’autres masters, qui faciliteront la réorientation professionnelle.
8 - Des formateurs compétents, dans tous les lieux de formation
Les formateurs universitaires doivent avoir un contact avec le terrain, qu’ils soient enseignants-chercheurs ou enseignants des premier et second degrés.
Il ne suffit pas d’être un bon enseignant, dans le premier ou le second degré, ou à l’université, pour être un formateur compétent. Pour former de futurs professeurs, il faut connaître les bases de la formation d’adultes, être ouvert à des domaines disciplinaires et transversaux autres que la spécialité d’origine, savoir conduire un groupe d’analyse de situations professionnelles, ou accompagner un stagiaire.
9 - Des observatoires universitaires des pratiques pédagogiques
10 - Une collaboration étroite entre universités Le Haut Conseil de l’Education recommande que le recteur réunisse chaque année l’ensemble des présidents d’université et des directeurs des autres établissements d’enseignement supérieur concernés pour faire le point sur le fonctionnement des conventions relatives à l’IUFM.
Le référentiel des compétences professionnelles des enseignants
1 Compétence disciplinaire et culturelle
2 Compétence en langue française
3 Compétence à concevoir son enseignement
4 Compétence à prendre en compte la diversité des élèves
5 Compétence à gérer la classe
6 Compétence à évaluer les élèves
7 Compétence en technologies de l’information et de la communication
8 Compétence à travailler en équipe et à coopérer avec tous les partenaires de l’Ecole
9 Compétence à réfléchir sur sa pratique, à innover, à se former
10 Compétence à agir de façon éthique et responsable dans le cadre du service public de l’éducation.
Quelques réactions syndicales
Remarques du cahier pédagogique
Entretien avec Alain Bouvier, membre du Haut conseil de l’éducation