Mission Fourgous pour les Tice

Un enseignant réagit aux critiques formulées

dimanche 9 octobre 2011

Bill Ferriter est enseignant en Caroline du Nord. Il répond sur son blog aux critiques qui ne cessent de pleuvoir en ce début d’année scolaire. En effet, livres, articles, journaux télévisés… toutes les conversations sur l’École virent, en ce moment, au catastrophisme.
Le texte ci-dessous reprend les arguments apportés par Bill Ferriter dans l’article Tired of Being the Nation’s Punching Bag [1].

  • « Les ordinateurs et Internet sont devenus des outils essentiels dans tous les lieux de travail mais dans les écoles, les élèves les utilisent rarement ».

Réponse de B.F. :
J’aime quand les gens qui ne travaillent pas dans les écoles critiquent les enseignants qui n’intègrent pas les outils numériques durant leurs cours. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que la plupart d’entre nous n’en avons même pas à notre disposition ! Prenez comme exemple mon école de banlieue : j’ai deux ordinateurs fonctionnels dans ma classe.
Bien sûr, nous avons une classe mobile, mais ces ordinateurs ont six ans et sont complètement dépassés. Nous avons trois laboratoires d’informatique (environ 90 ordinateurs au total), mais ils sont utilisés par tous les enseignants (et donc les 1000 élèves de notre établissement).
Par conséquent, si nous voulions tous utiliser le laboratoire, nous pourrions y accéder uniquement 7 jours par an.
Tant que nous n’aurons pas un matériel moderne en quantité suffisante à notre disposition, nous accuser de ne pas utiliser les technologies numériques sera malhonnête.

  • « J’observe que plus nos enfants vont à l’école, moins ils sont curieux »

Réponse de B.F. :
Les enseignants inhibent-ils vraiment la curiosité naturelle des enfants ?
Je connais plein d’enseignants qui font un excellent travail et qui encouragent la curiosité naturelle des élèves chaque jour. Mais la curiosité n’est pas mesurée dans les examens.
Si les politiques se soucient vraiment des compétences fondamentales comme la curiosité, l’adaptabilité et le leadership, ils devraient commencer à exiger leur prise en compte dans les différents examens !

  • « Les enseignants n’ont pas un sentiment d’urgence en ce qui concerne les changements demandés par la société, peut-être parce que leur travail les isole du reste du monde ».

Réponse de B.F. :
Peut-être que la plupart des enseignants n’ont aucun contrôle réel sur leur enseignement.
Nous avons un bulletin officiel à suivre, un programme à terminer, des objectifs à atteindre. Si je prends le temps pour développer telle ou telle compétence (qui est hors-programme), je prends du retard sur ma progression, ce qui est mal vu.

Les enseignants n’ont aucun contrôle sur les choix qui sont faits, les politiques menées, les budgets alloués aux outils numériques, les examens.
Ils ne peuvent agir sur aucun des leviers qui pourraient accélérer les changements attendus par la société.


Notes

[1] « Fatigué d’être le pushing-ball de la nation »

 
Assemblée nationale   MEN