Institut Montaigne. Vaincre l’échec à l’école Primaire. Avril 2010.
Synthèse (extraits du rapport)
Diagnostic : Comment va notre école ?
Quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes.
Pour l’heure, l’école ne parvient pas à « transformer les ressources en résultats » : la question des moyens est celle de leur meilleure utilisation, pas celle de leur augmentation.
Les conséquences de cette situation sont dramatiques pour notre pays puisque chaque année 150 000 jeunes quittent le système éducatif sans qualification, soit 1,5 million en dix ans. Avec un tel handicap, la France ne pourra pas se hisser à la hauteur des objectifs fixés par la stratégie de Lisbonne (2000) pour bâtir une économie et une société de la connaissance.
L’école aggrave l’inégalité des chances.
Le redoublement reste massivement pratiqué alors qu’il est inutile et conduit presque systématiquement à l’échec scolaire.
Les spécialistes du système éducatif s’accordent à reconnaître l’importance déterminante des enseignants dans la réussite de leurs élèves.
Malgré la place centrale de « l’effet-maître », l’Éducation nationale continue d’affecter et de rémunérer les enseignants en fonction de leur ancienneté, non des besoins des élèves.
L’accroissement de leurs charges administratives empêche les Inspecteurs de l’Éducation nationale de mener à bien leur mission pédagogique.
Comparaisons internationales
Alors que les dépenses pour l’éducation, tous degrés d’enseignement confondus, sont plus élevées en France que dans des pays comparables, les performances des jeunes Français sont médiocres par rapport à celles de leurs voisins.
La majorité des pays de l’UE forment leurs futurs enseignants selon un modèle simultané de formation académique et professionnelle.
Quant à la formation continue, son caractère facultatif en France empêche sa réelle efficacité, ce qui n’a évidemment aucun effet incitatif.
Quelques propositions sur la formation des enseignants
L’Institut Montaigne propose de mettre en œuvre dès la première ou deuxième année de Licence des contrats de pré-recrutement, sur une base très sélective, pour les candidats au métier de professeur des écoles.
Mettre en place des formations en alternance selon la formule de l’apprentissage, pour accéder au métier d’enseignant.
Les résultats académiques, les performances pédagogiques attestées durant le stage pratique constitueront, avec un entretien de motivation, l’essentiel de l’appréciation portée sur la capacité des « apprentis » à devenir professeur des écoles.
Mettre en place des dispositifs contraignants pour assurer l’obligation annuelle de formation continue des enseignants en enrichissant la carte des formations comme en pénalisant ceux qui se soustraient à ce devoir.
Revoir complètement le rôle des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN).
Citations extraites du rapport
« L’effet-maître » peut se définir comme la composante de deux dimensions associées à l’enseignant : une dimension personnelle (habileté à exercer le métier, motivation, engagement dans la profession, personnalité…) et une dimension professionnelle liée à des savoir-faire pédagogiques (techniques, pratiques et styles pédagogiques). C’est aussi le produit d’une interaction, d’un échange entre le maître et l’élève.
Formation initiale et continue, recrutement, rémunération, mérite, management, évolution de carrière, évaluation, reporting, performance… L’Éducation nationale continue d’ignorer les principes de base de gestion des carrières, de motivation des individus, de performance des organisations… Elle oscille entre ignorance, indifférence, résistance passive et hostilité ouverte…
En 2008, 63 % des enseignants déclaraient exercer ce métier par vocation et 68 % n’aimeraient pas en changer. En revanche, ce métier ne cristallise plus les espoirs d’ascension sociale qu’il a pu porter durant des décennies.
Les différences d’efficacité [entre les maîtres] passent d’abord par les différences entre les pratiques pédagogiques, sans oublier la gestion du temps, ni la disponibilité du professeur vis-à-vis de ses élèves.
Les jeunes enseignants ont besoin de formateurs véritablement compétents et spécialisés tels que des juristes, des pédopsychiatres, une formation sur le corps et la voix, des orthophonistes, etc.
La France dépense globalement la même somme que les pays de l’OCDE mais ses résultats sont inférieurs.
La Finlande et l’Allemagne dépensent moins, voire beaucoup moins, pour des résultats très sensiblement supérieurs.
Quelques propositions pour améliorer les pratiques pédagogiques
Renforcer les compétences pratiques lors de la formation initiale
Offrir du « coaching » dans les écoles pour aider les enseignants
Sélectionner et former des directeurs d’école de qualité pour en faire des « leaders pédagogiques » ;
Encourager le partage d’expérience entre collègues enseignants.
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